vendredi 14 août 2009

"Depuis que je pense, je souffre"


Le château d'Eppstein - Alexandre Dumas
Lors d'un dîner dans la bonne société, chacun y va de son histoire, de préférence fantastique. C'est au tour du Comte Elim de divertir les convives, il décide alors de leur relater la nuit étrange qu'il a passée dans le château d'Eppstein.
"Gothique et surnaturel" annonce la couverture ! C'est bien de cela qu'il s'agit, nous voilà tout droit plongés dans une histoire digne d'Hoffmann (d'ailleurs cité dans le roman). L'histoire d'une pauvre épouse séquestrée dans un château et de son fils au destin tragique.
J'ignorais totalement que Dumas avait écrit ce genre de livre, nous sommes bien loin des Trois Mousquetaires ! Le roman gothique est un genre particulier auquel il faut adhérer et ce "château d'Eppstein" en est le digne représentant, pour ma part j'ai beaucoup aimé cette atmosphère surnaturelle, ces sentiments exacerbés et j'ai dévoré le livre, impatiente de connaître le dénouement de l'histoire (assez prévisible, c'est le seul défaut que j'y ai trouvé).
Il est dommage que ce livre soit si difficile à dénicher, il montre une autre facette de Dumas tout à fait intéressante !

lundi 10 août 2009

Supposez que vous soyez le dernier qui reste ?





L'apocalypse a eu lieu. Un homme et son fils déambulent sur La Route en direction du Sud. Dans un monde calciné, à l'atmosphère saturée de cendre, d'où le soleil a disparu, ils survivent malgré les dangers : le froid, les hordes cannibales, le manque de nourriture.
Que ce livre m'a posé problème ! Désireuse de le lire depuis très longtemps, je m'y suis plongée avec enthousiasme, McCarthy est comparé à Faulkner (excusez du peu), ce roman est encensé partout, il a obtenu le Pulitzer !!!
Eh bien, j'ai failli l'abandonner plusieurs fois ! Déroutée tout d'abord par le style, les dialogues minimalistes et répétitifs entre le père et l'enfant :
Je peux te demander quelque chose ? dit-il.
Oui. Evidemment.
Est-ce qu'on va mourir ?
Un jour. Pas maintenant.
Et on va toujours vers le sud.
Oui.
Pour avoir chaud.
Oui.
D'accord.
D'accord pour quoi ?
Pour rien. Juste d'accord.
Dors maintenant.
D'accord.
D'aucuns me répondront que c'est justement pour ajouter à l'intensité dramatique de l'histoire. Ces dialogues plats sont le reflet des efforts des deux protagonistes pour se rassurer l'un l'autre et servent à mieux révéler au lecteur leurs pensées profondes... Peut-être, mais à la longue ils sont lassants !!!
Mais ce qui m'a le plus gênée dans ce livre, c'est l'absence totale d'espoir qui en ressort ! J'ai eu parfois la nausée en lisant certains passages. Dans ce monde stérile, ce père qui se bat pour la survie de son enfant, qui continue à lui transmettre les valeurs humanistes qui sont les siennes, mais pourquoi ? Dans quel but ? Puisque de toute façon, l'avenir de l'Homme est ici condamné. A quoi bon survivre dans la souffrance puisqu'au bout du chemin l'espèce humaine s'éteindra ?
J'ai déjà lu d'autres romans post-apocalyptiques (Malevil, Le dernier homme, Le fléau...) mais dans ceux-ci, l'ancienne société est rasée et les survivants reconstruisent un autre monde basé sur de nouvelles bases. Ici, rien de tel puisque faune et flore ont disparu et qu'à terme l'espèce humaine devra s'éteindre elle aussi.
Autre frein à mon enthousiasme, McCarthy n'y est pour rien mais j'ai lu l'édition "Points" et je n'ai pas trouvé moins de 31 coquilles d'impression !!!!!! Inadmissible ! Si vous désirez le lire, mettez quelques euros de plus et offrez-vous l'édition brochée ! Rien de plus désagréable...
Malgré ces réserves, je pense que ce roman est un livre "à lire". Chacun y trouvera ses pistes de réflexion personnelles. Mais il me laisse un arrière-goût de cendres (c'était peut-être aussi le but de l'auteur).
Rappelle-toi que les choses que tu te mets dans la tête y sont pour toujours, dit-il. Il faudra peut-être que t'y penses.
Quand tu n'as rien d'autre construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle.
Une adaptation cinéma est programmée pour la fin de l'année.
De nombreux billets sur la blogosphère : Bernard qui parle d'"un texte impressionnant", Leiloona qui s'en "souviendra longtemps", Amanda qui parle d'un roman qui "émeut terriblement", Cachou moins enthousiaste le décrit comme "une lecture agréable", Le Bibliomane le voit comme "un cantique pour l'humanité moribonde", Stephie pas plus emballée que ça et de nombreux autres avis chez BOB.

vendredi 7 août 2009

"Le plus grand acteur dramatique de l'ère du muet"



Si loin de vous - Nina Revoyr
1964, Los Angeles. Nick Bellinger est un journaliste chargé de "faire un papier" sur l'ouverture prochaine d'un cinéma : "Le Temple du Cinéma Muet". Lors de ses recherches, il découvre que Jun Nakayama, le célèbre acteur des années 20 habite à quelques pas... Il décide alors de l'interviewer et, pourquoi pas ?, de relancer la carrière de l'ancienne star.
Une très belle découverte ! J'ai toujours considéré le cinéma muet comme une sorte de pantomime un peu ringarde, m'imaginant que je m'ennuierai à mourir si je devais subir un film en entier ! Eh bien, j'ai changé d'avis et ai très envie de me lancer dans l'expérience !
A travers les mémoires (fictives) de Nakayama (fictif lui aussi), le lecteur découvre la belle expérience du cinéma muet et, c'est le coeur un peu serré qu'on assiste à sa disparition lors de la grande explosion du "parlant".
Un récit nostalgique, l'histoire de cet homme qui vit dans ses souvenirs, qui n'apprendra à profiter de sa vie que dans sa vieillesse. Le recit parallèle d'un meurtre non élucidé n'était pas indispensable mais il donne un peu de suspense au récit qui, sans lui, aurait semblé un peu trop monotone.
J'ai aussi découvert la haine raciale dont ont été victimes les "Japs" dans la Californie des années 20. Mis au ban, de la même manière que les Noirs et ce, malgré leur coopération avec les américains lors de la guerre.
Les Billets de Clarabel qui parle d'un roman "brillant", Cathulu qui décrit "un moment de lecture tout à fait charmant", Amanda qui a lu un roman "tout en finesse" mais parfois "soporifique", pour Leiloona c'est un livre qu'il faut "apprivoiser",Lael qui a abandonné "je n'accroche pas au style" et probablement bien d'autres à venir...
Un grand merci aux Editions Phébus et à Suzanne de "Chez les Filles". Je propose d'en faire un livre voyageur.




mardi 4 août 2009

Ethan Frome - Edith Wharton




Le narrateur est envoyé en Nouvelle Angleterre par son employeur, bloqué par la neige, il fait alors connaissance d'un homme énigmatique : Ethan Frome.
Il y avait quelque chose de désertique et d'inabordable dans son visage, et il était tellement raidi et tellement engrisaillé que je le pris pour un vieillard et que je fus surpris d'apprendre qu'il n'avait pas plus de cinquante-deux ans.
A chacune de ses questions, les habitants du crû détournent la conversation et, peu à peu, l'on découvre le drame qui a anéanti cet homme.
Il a l'air comme ça depuis son écrasement, et ça fera vingt-quatre ans en février prochain...
IMPORTANT : ne surtout pas lire le 4e de couverture qui révèle la chute de cette longue nouvelle ! Heureusement, j'avais été mise en garde !
J'ai déjà lu d'autres livres de Wharton qui se veulent une critique de la "bonne" société nantie et égoïste des années folles en Amérique. Ici, rien de tout cela, la vie banale d'un petit village et, plus particulièrement, le destin dramatique d'un homme. Une très belle étude de caractère et une chute imprévisible ! A lire !
Merci Fanyoun pour le prêt, Sophie l'a lu aussi...

vendredi 31 juillet 2009

"Je voudrais que tu me le ramènes..."




Le fils de Matteo a été tué lors d'une fusillade, effondrée sa femme Giulia ne lui demande qu'une chose : "Je voudrais que tu me le ramènes, Matteo, dit-elle... Pourquoi ne vas-tu pas le chercher ?". Il décide alors de descendre aux enfers et de l'arracher à sa destinée...


On partage ici la douleur d'un père, la folie d'une mère qui a perdu son plus cher trésor. Ces parents amputés qui n'arrivent pas à se reconstruire, le lecteur partage leur deuil à chaque pas. On meurt un peu à chaque fois qu'on perd un proche, quelle belle image que celle du souvenir qui permet à une âme de ne pas disparaître complètement...


J'adore Gaudé ! Son style, les rapports de ses héros avec la mort, ses histoires pimentées de vengeance et de malédiction... Il a le don de dépeindre des atmosphères incomparables ! Un vrai coup de coeur.


Toutes ces vies qui glissent, imperméables les unes aux autres
Les billets d'Amanda, Mimienco, d'Argantel, de Liliba, de Stephie, So le trouve "somptueux", Chaplum trouve que Gaudé "en fait un peu trop" et Bellesahi a abandonné avant la fin

lundi 6 juillet 2009

L'espion du pape



Philippe Madral et François Migeat

Fin du 12e siècle, le pape Innocent III est préoccupé par la naissance de la nouvelle "hérésie" qui s'étend dans le Comté de Toulouse : le catharisme. Il mandate son espion secret Francesco Stranieri, celui-ci doit tenter de convaincre le roi de France Philippe Auguste de lancer une croisade contre les Cathares. Devant l'échec de sa mission, Stranieri s'infiltre dans la "Confrérie Blanche", société secrète qui mène des expéditions contre les "hérétiques". Il cotoie alors les deux parties, son but étant d'enrayer la propagation de cette nouvelle religion... Le livre se clôt sur l'événement qui a provoqué "la croisade contre les Albigeois".

Je renoue avec mes premières amours : les romans historiques ! Je me suis lancée dans celui-ci avec plaisir, je connais très peu cette période historique et me régalais à l'avance. L'aspect historique m'a comblée, la situation politique est bien campée : Innocent III qui réprouve les abus des représentants de l'Eglise, le Comte de Toulouse qui tente de faire preuve de Tolérance et essaie de faire cohabiter les différentes religions sur ses terres, le Roi de France qui refuse d'être vassal du Pape... Ca m'a donné très envie d'approfondir mes lectures sur cette période et ma LAL s'est allongée de quelques titres.

Néanmoins, le côté "roman" m'a moins emballée... Les auteurs ont tenté d'intégrer des personnages fictifs dans cette grande Histoire et j'ai regretté un manque de profondeur dans les caractères des protagonistes. Il a manqué à ce livre le souffle romanesque qui permet de s'y plonger complètement. C'est dommage, on y trouve un plaidoyer pour la Tolérance, la Liberté, une critiques des abus de pouvoir des ecclésiastiques, une condamnation des croisades qui se révèlent être au final un massacre aveugle bien loin des idéaux religieux.

Malgré ça, j'ai beaucoup aimé cette lecture qui a su me donner l'envie de mieux connaître cette période et de retourner sur les lieux des ces célèbres "disputes" (Albi, Narbonne, Carcassonne...).

Lu dans le cadre d'un partenariat entre BoB et les éditions Robert Laffont, merci à eux.

mercredi 1 juillet 2009

Lus en Juin...




Cette année le mois de Juin a été pire que d'habitude et j'ai malheureusement négligé mes devoirs bloguesques ! Je vais tenter de vous glisser un petit mot pour les livres que j'ai lus mais pas chroniqués ici :



La prime de Janet Evanovitch
Lors de Books and the City, nos charmantes SGO (So Glamourous Organisatrices) m'avaient mise dans l'équipe "Ranger et Morelli", n'ayant jamais lu les aventures de ces deux "sexy men", j'ai voulu me lancer dans le premier opus de la série... Eh bien, je n'ai pas aimé !!! Oui, Fashion, je sais, tu me répliqueras que la scène torride dans la douche est irrésistible ! peut-être, mais... je n'ai pas du tout aimé le style d'écriture et ai moyennement ri aux passages censés être irrésistibles... Peut-être suivrai-je le conseil de la "pro" et essaierai-je de lire le second en anglais... On verra...


La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano
Livre voyageur de Keisha que je remercie pour le prêt...
L'histoire de Mattia et Alice, deux écorchés de la vie qui peinent à trouver leur place dans la société. Un premier roman que j'ai bien apprécié, je le trouve un peu dans la veine d'"ensemble, c'est tout", frais et agréable.


44 Scotland Street d'Alexander McCall Smith
Chroniques Ecossaises largement inspirées des célèbres "Chroniques de San Francisco"...
Je n'aime pas, à priori, les chroniques... Je me suis arrêtée au premier tome de celles de Maupin, idem pour celles du "Mont Royal".
J'ai bien aimé celles-ci, les personnages sont intéressants mais un peu trop caricaturaux à mon goût, les mésaventures vécues par un tableau faux-vrai sont rocambolesques et, même si je me suis attachée à un ou deux personnages, je n'ai pas suffisamment accroché pour lire la suite...


Le cercle des amateurs d'épluchures de patates de Schaffer et Barrows
Merci à K100dre pour le prêt, voilà un moment que j'avais envie de le lire...
Roman épistolaire qui fait penser à "84, Charing Cross Road, pas tant dans la structure du roman que dans le ton des lettres de l'héroïne principale. On y cotoie des habitants de Guernesey qui partagent avec nous leur vie lors de la seconde guerre mondiale. Un livre frais, plein de bons sentiments, qui vaut le détour.


La maison du sommeil de Jonathan Coe
Ashdown, ancien logement pour étudiants, est devenu une clinique spécialisée dans le traitement des troubles du sommeil. Etrangement, d'anciens étudiants qui ont vécu là-bas voient leurs destins se croiser à nouveau.
On navigue entre passé et présent (alternance des chapitres), même si j'ai trouvé l'histoire plaisante, le mélange des genres (critique d'une certaine société, expériences médicales répréhensibles, identité sexuelle...) en fait un tout assez brouillon qui ne m'a pas donné l'envie de lire un autre Coe.