samedi 21 mars 2009

Swap au long cours : le Printemps



Bladelor a voulu lancer un swap différent : le swap au long cours

Le principe :

Le swap se fait en quatre temps (selon les saisons : Printemps, Eté, Automne et Hiver), le couple swappeur/swappé sera le même durant toute la durée du swap. Le principe étant de mieux connaître son partenaire de swap.

Le sort (et Bladelire) m'ont octroyé Méria ; comme nous habitons toutes les deux en région parisienne, nous avons décidé de transformer un peu les règles : plutôt que d'envoyer un colis, nous nous retrouverons sur Paris pour nos échanges de colis.

Aujourd'hui, le rendez-vous était fixé sur les Champs-Elysées (devant Virgin histoire de rester "dans le move"). Comme nos estomacs criaient famine, direction "la Pomme de pain" où nous avons ingurgité de délicieuses salades puis... échanges de colis !!!!



Méria m'a offert un colis floral :
- un livre que j'avais déjà repéré "Les plantes qui puent, qui pètent, qui piquent" (comme prévu, fiston numéro deux s'est explosé de rire en lisant le titre et s'est jeté dessus pour le lire)
- un savon "bio" au mimosa qui, à peine déballé, embaume déjà la salle de bain
- un pot de confiture à l'ancienne "Délice de Roses" (de chez "du bruit dans la cuisine" une enseigne que j'adore !)


Le tout enveloppé dans un papier cadeau floral lui aussi, bien évidemment !!!


Ensuite, direction "Virgin", comment résister ? J'ai été très sage, ai acheté un livre pour mon swap des Rats de Biblio, un autre pour le Loto des Régions (je dois donc garder les titres secrets pour laisser la surprise aux heureux swappés) et j'ai craqué sur "la vague" de Todd Strasser, la bande-annonce du film m'a interpelée... (Si quelqu'un l'a vu, je suis curieuse de connaître votre avis).


Le temps était si agréable que nous avons continué la promenade en direction du Rond-Point, petite pause devant le célèbre Théatre de Guignol, bien installées sur un banc au soleil nous avons potiné, potiné, potiné... et nous sommes dit "au revoir et à la prochaine" !


Un grand Merci à Méria et à Bladelor pour cette belle aventure...

jeudi 19 mars 2009

"Le soir même, je me suis asséchée"


Le coeur cousu - Carole Martinez
Un peu d’Isabel Allende (mais la plume est plus belle), un soupçon de Garcia-Marquez (et moins de longueurs) et une once de Jorge Amado pimenté à la sauce fantastique !
Comment résister à cette saga ? L’histoire de Frasquita, couturière dans l’âme qui, par son don, redonnera vie à la madone de son village, réparera l’homme défiguré ; elle partira à l’aventure vers le Sud pour y rencontrer son destin. Celle dont les prières reçues en héritage invoquent les morts et ressuscitent les moribonds.

L’écriture est absolument superbe ! Riche et évocatrice, un cœur cousu dans une statuette qui lui redonne vie, une robe de mariée brodée de fleurs qui se fanent, un homme recousu qui se retrouve enchaîné à jamais… On a l’impression que Carole Martinez est elle aussi une couturière experte mais ses points sont devenus des mots, précis, colorés, elle brode son récit de façon magistrale. Certaines phrases sont à lire et relire pour mieux les savourer :


« Commença alors pour ma mère la période des fils de couleurs.Ils avaient fait irruption dans sa vie, modifiant le regard qu'elle portait sur le monde.Elle fit le compte : le laurier-rose, la fleur de la passion, la chair des figues, les oranges, les citrons, la terre ocre de l'oliveraie, le bleu du ciel, les crépuscules, l'étole du curé, la robe de la Madone, les images pieuses, les verts poussiéreux des arbres du pays et quelques insaisissables papillons avaient été jusque-là les seuls ingrédients colorés de son quotidien. Il y avait tant de bobines, tant de couleurs dans cette boîte qu'il lui semblait impossible qu'il existât assez de mots pour les qualifier. De nombreuses teintes lui étaient totalement inconnues comme ce fil si brillant qu'il lui paraissait fait de lumière. Elle s'étonnait de voir le bleu devenir vert sans qu'elle y prenne garde, l'orange tourner au rouge, le rose au violet.Bleu, certes, mais quel bleu ? Le bleu du ciel d'été à midi, le bleu sourd de ce même ciel quelques heures plus tard, le bleu sombre de la nuit avant qu'elle ne soit noire, le bleu passé, si doux, de la robe de la Madone, et tous ces bleus inconnus, étrangers au monde, métissés, plus ou moins mêlés de vert ou de rouge. »


« Grognements inaudibles, mots dévorés, mis en pièces, mots éviscérés, longuement mastiqués, puis recrachés, comme de vieilles chiques. Noirs, pleins de salive, à moitié digérés. La vieille parlait comme on crache. Elle torturait la langue, la tordait comme un vieux chiffon pour l’adapter à sa bouche édentée. Elle mêlait un filet de bave sale à chacune de ses phrases, faisait des sons une terrible bouillie et pourtant ne répétait jamais rien. Frasquita obéissait à ces paroles détruites, elle acceptait l’autorité de cette langue difforme. En tant que belle-fille, elle se devait de saisir ces débris de langage.
La vieille parlait comme on hait. »

Les personnages sont extraordinaires, l’ogre, la sagette, l’enfant-soleil… Il faut absolument découvrir ce petit chef d’œuvre de poésie. Pour un premier roman, quel talent ! à quand le prochain ?

PS 1 : il vient de sortir en poche, oubliez la couverture affreuse et jetez vous dessus !
PS 2 : il a raflé de nombreux prix dont le « Renaudot des lycéens »

mercredi 11 mars 2009

Les âmes vagabondes


Les âmes vagabondes - Stephenie Meyer
La Terre est envahie par des âmes : entités qui s’implantent dans les corps humains et s’installent dans le corps parasité, supprimant toute trace de l’ancien occupant.

Vagabonde, âme voyageuse est implantée dans le corps d’une rebelle : Mélanie. Sa mission : fouiller les souwenirs de l’insoumise et conduire les Traqueurs dans le repère des résistants. Mais Mélanie refuse de se laisser voler son corps et ses souvenirs, elle combat Vagabonde et, bientôt deux âmes cohabitent en elle.
Peu à peu, l’hôte et l’âme parasite apprennent à se connaître et à s’aimer et la situation devient inextricable. Elles ne peuvent continuer à être heureuses en occupant ce corps à deux. La situation devient cornélienne…


Pas de manichéisme ici, la situation est bien plus compliquée. Les âmes, même si elles sont des parasites, ont des intentions « pacifiques », elles voient leur implantation dans les corps humains comme une chance pour l’humanité. Finies les guerres et les violences, place à une civilisation d’entraide et d’harmonie. De leur côté, les hommes combattent ces « mille-pattes » qui leur arrachent leurs familles, leurs amis en anéantissant leur existence. Ne reste d’eux qu’un corps habité par un alien.

Science fiction ? Pas vraiment. En fait, l’intérêt est davantage dans les rapports entre les personnages que dans le côté fantastique de l’histoire. Le style d’écriture est banal mais le talent de conteuse de Meyer se retrouve ici et, si les 100 premières pages sont un peu longues (mais il faut aussi planter le décor), le reste du roman se dévore.
On peut reprocher au roman une héroïne « trop lisse », un début longuet ou une fin trop « fleur bleue », il n’empêche que le plaisir est là et qu’on passe un excellent moment.

J’ai lu ici ou là qu’il pourrait y avoir une suite, ce serait dommage, pourquoi délayer une histoire originale et bien menée ???
PS : rien à voir avec la série « Fascination » si ce n’est queMeyer a su capter l’attention du lecteur de façon tout aussi efficace.
Les billets de Clarabel, Cuné et Alwenn

mardi 3 mars 2009

Lectures de Février 2009



Les billets auxquels vous avez échappé le mois dernier :


L'étrange histoire de Benjamin Button de Francis Scott Fitzgerald
J'ai eu très envie de lire cette petite nouvelle lorsque j'ai vu la bande-annonce du film. Etonnée de découvrir que Fitzgerald en était l'auteur. Je ne suis pas du tout amatrice de nouvelles mais celle-ci m'a bien plu, elle fait un peu "vieillotte" mais m'a donné l'envie d'aller voir le film.
La nouvelle suivante "La lie du bonheur" m'a tout aussi plu. Un peu amères, désabusées, elles ont néanmoins un vrai charme.
Un bon moment à passer entre deux gros bouquins.


Harry Potter et les reliques de la mort de JK Rowling
Le seul tome de la célèbre saga que je n'ai pas encore relu. J'ai pris le temps de le déguster et de m'arrêter aux détails. Nul doute, cette saga sera "à vie" une de mes préférées (voire LA préférée). Je suis tellement fan que j'ai acheté "les contes de Beedle le Barde" lors de sa sortie et ne l'ai pas encore lu : une fois lu, j'en aurai fini avec ce monde magique qui m'a tant plu.


Disgrâce de JM Coetzee
David Lurie est professeur à l’Université du Cap, la cinquantaine passée, il a besoin de se prouver qu’il peut encore plaire et entame une liaison avec une de ses élèves. Mais l’aventure tourne court, accusé de harcèlement, il est contraint de démissionner et se réfugie chez sa fille en pleine campagne.
La rivalité entre blancs et noirs est tangible, ceux qui se sentent dépossédés n’hésitent pas à se servir dans les possessions des « nantis » et David et sa fille en font la douloureuse expérience. Mais le professeur hautain du début apprendra à être un homme compatissant et attentionné.Un roman dur, sans concession. On y vit au quotidien l’énorme fracture qui sépare encore les habitants de l’Afrique du Sud. Difficile de faire cohabiter ces deux cultures si différentes. Il me semble bien pessimiste. Intéressant mais je lui ai trouvé des défauts (ces longs passages sur Byron entre autres).

lundi 2 mars 2009

Message des hommes vrais au monde mutant - Marlo Morgan



Une initiation chez les Aborigènes


A mi-chemin entre fausse autobiographie, roman et récit initiatique.

L'auteur, américaine, travaille dans le créneau de la médecine préventive et sociale. Elle se voit proposer un poste en Australie et prend plus particulièrement en charge de jeunes aborigènes qu'elle tente d'insérer dans la société.

Conviée à un meeting, elle se trouve conduite en plein désert Australien et partagera la vie primitive des aborigènes pendant environ 4 mois.

Présenté initialement comme le récit d'une expérience vécue, l'auteur a dû par la suite reconnaître que ce livre est une fiction (comme "Survivre avec les loups"). Partant de ce constat, j'ai tenté d'oublier les polémiques autour de ce livre et de l'aborder comme un récit d'aventures.

"... quelque part, au coeur desséché du désert australien, persiste la pulsation d'une vie très ancienne, lente et régulière, un groupe de gens qui ne se soucient pas de racisme mais seulement des autres et de l'environnement;
Et comprendre cette pulsation équivaut à mieux comprendre l'être humain."



Cette citation résume le sujet du livre. Cette femme américaine ancrée dans la modernité fait un retour aux sources et remet en cause son système de valeurs. A travers cette expérience, certains aspects futiles de notre quotidien sont épinglés, l'auteur veut nous faire réfléchir sur nos priorités de vie.
Grand projet ! J'ai été passionnée en lisant tout ce qui concerne le quotidien de ces aborigènes (tout en me demandant ce qui est la réalité dans cette histoire), j'ai réfléchi à mon système de valeurs (pourquoi fêter un anniversaire ? qu'est-ce que la maladie ?) mais parfois j'ai perdu le fil...

Mon esprit cartésien n'a pu que se rebeller devant cetains passages : la réduction de fracture osseuse par simple imposition des mains, l'apparition de nourriture sur simple demande formulée à La Terre... Non, là, c'est aller un peu fort !!!

L'auteur a voulu nous donner un message : respecter les autres, accepter avec gratitude ce que La Terre nous offre. Etre soi-même sans artifice. Malheureusement, elle a parfois un peu trop forcé la note, décridibilisant son histoire. Mais elle m'a donné très envie de mieux connaître ce peuple Aborigène (dont la vie quotidienne qui par beaucoup de côtés me fait penser à celle d'Ayla, l'héroïne des "enfants de la Terre")

Lu dans le cadre de la Chaîne des livres, Merci à Karine de l'avoir fait circuler.

jeudi 26 février 2009

"Je suis tombé amoureux d'une femme inconnue"

Daphné disparue - José-Carlos Somoza
Je suis tombée amoureuse de l’écriture de Somoza grâce à Clara et la pénombre (Une de mes livres kulte, merci Flolivre), dès la première page de « Daphné disparue » j’ai retrouvé cette écriture qui m’a tant plu.
Roman court (218 pages) mais que j’ai lu lentement, l’image de couverture représente à merveille ce que j'ai ressenti : le cerveau perdu et emberlificoté qui tente de s'y retrouver dans les circonvolutions de l’histoire. J’en garde une impression étrange et suis incapable de dire si je l’ai aimé ou non. J’ai adoré le ton, les idées de fond mais les fantaisies de l’auteur m’ont parfois laissée en route… J’ai l’intention de le relire dans quelques temps, à tête reposée…


L’histoire : Juan Cabo, romancier a succès est amnésique depuis l’accident dont il a été victime. Il retrouve dans ses affaires un carnet où est incrit : « Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue », début de roman ou expérience vécue ? Cabo part à la recherche de cette femme et enquête sur lui-même.

Nous sommes ici dans un monde fictif où l’on peut croiser des Muses en chair et en os, où les écrivains vont au café littéraire. Quelle inventivité ! Somoza a le don pour créer des atmosphères incroyables. Ici, le lecteur est partie prenante de l’histoire et suit pas à pas Cabo afin de résoudre l’énigme de cette femme inconnue. Régulièrement, de nouvelles péripéties nous mettent sur une autre piste et perdent le lecteur (en tous les cas, moi, je me suis sentie manipulée par le romancier).

Ce roman met l’accent sur les mystères de la création littéraire, il épingle le monde de l’édition avec talent. Malgré quelques pages qui m’ont ennuyée j’en garde un souvenir marquant, preuve pour moi que c’est un roman « à part ». Fouinant ici et là, j’ai découvert que ce roman est un des premiers de Somoza, je me dis qu’on retrouve ici le génie qui écrira plus tard « Clara et la pénombre ».
"L'oisiveté actuelle est nocturne ; maintenant, les muses sont des chouettes. Cinémas, expositions, drames, ballets, livres, sexe, fantaisie... Quelles autres heures, sinon lunaires, cette société diurne nous réserve-t'elle pour tout pratiquer ? Culture, plaisir et bâillements sont enfin devenus inséparables" (Un passage qui parle tout particulièrement à la "nuitarde" que je suis)
"... le roman du passé avait appartenu au protagoniste, au héros, au Quichotte et à Anna Karénine. Il appartenait présentement à l'auteur. Aujourd'hui, on ne parlait pas tant de personnages que d'écrivains célèbres."
" Nous les écrivains, nous sommes tous des menteurs."
Le billet de DDA qui parle de grand Art et celui de Fashion pas totalement convaincue.

mercredi 25 février 2009

"Je laisse plonger en moi les racines du passé"


Le voyage à Perros - Jacques Thomassin
Des affres de l'adolescence à celles de la vieillesse...
Livre Jeunesse (à partir de 9 ans selon la Fnac), ce tout petit roman se déguste comme un bonbon. Tout d’abord, il est beau (même si le format n’est pas très pratique pour la lecture…), ensuite de tous petits chapitres, de très belles citations qui donnent l’impression d’un voyage tout en douceur. Malgré le petit nombre de pages, j’ai mis deux jours à le lire, savourant l’écriture.

Anne est une adolescente de 13 ans, elle est en proie aux doutes, aux peurs qui caractérisent son âge. Afin de s’en libérer, de trouver les réponses à ses questions, elle se réfugie chez son grand-père Ambroise, là-bas à Perros-Guirec.

Le vieil homme lui, n’a plus vraiment goût à la vie. Son existence est derrière lui, il n’a plus envie de rien et même les parties de belotes avec les amis au café du coin lui semblent sans intérêt :

"Il rêve, l’ancien, mais il ne rêve à rien. Un rêve vide, un rêve sans rêve. Rien, quoi, plus d’atout dans le jeu de la vie ! Pas de quoi faire le dernier pli !"

A la veille de Noël, l’ancien et sa diablotine réapprennent à se connaître. Elle plongera dans la mémoire de sa famille et Lui retrouvera la joie de vivre qui l’avait quitté.
Un bien joli conte de Noël.
Livre lu dans le cadre de la Chaîne des livres ; Proposé par Bladelor
(La citation du titre du billet est de P.Keineg)