
L'apocalypse a eu lieu. Un homme et son fils déambulent sur La Route en direction du Sud. Dans un monde calciné, à l'atmosphère saturée de cendre, d'où le soleil a disparu, ils survivent malgré les dangers : le froid, les hordes cannibales, le manque de nourriture.
Que ce livre m'a posé problème ! Désireuse de le lire depuis très longtemps, je m'y suis plongée avec enthousiasme, McCarthy est comparé à Faulkner (excusez du peu), ce roman est encensé partout, il a obtenu le Pulitzer !!!
Eh bien, j'ai failli l'abandonner plusieurs fois ! Déroutée tout d'abord par le style, les dialogues minimalistes et répétitifs entre le père et l'enfant :
Je peux te demander quelque chose ? dit-il.
Oui. Evidemment.
Est-ce qu'on va mourir ?
Un jour. Pas maintenant.
Et on va toujours vers le sud.
Oui.
Pour avoir chaud.
Oui.
D'accord.
D'accord pour quoi ?
Pour rien. Juste d'accord.
Dors maintenant.
D'accord.
D'aucuns me répondront que c'est justement pour ajouter à l'intensité dramatique de l'histoire. Ces dialogues plats sont le reflet des efforts des deux protagonistes pour se rassurer l'un l'autre et servent à mieux révéler au lecteur leurs pensées profondes... Peut-être, mais à la longue ils sont lassants !!!
Mais ce qui m'a le plus gênée dans ce livre, c'est l'absence totale d'espoir qui en ressort ! J'ai eu parfois la nausée en lisant certains passages. Dans ce monde stérile, ce père qui se bat pour la survie de son enfant, qui continue à lui transmettre les valeurs humanistes qui sont les siennes, mais pourquoi ? Dans quel but ? Puisque de toute façon, l'avenir de l'Homme est ici condamné. A quoi bon survivre dans la souffrance puisqu'au bout du chemin l'espèce humaine s'éteindra ?
J'ai déjà lu d'autres romans post-apocalyptiques (Malevil,
Le dernier homme,
Le fléau...) mais dans ceux-ci, l'ancienne société est rasée et les survivants reconstruisent un autre monde basé sur de nouvelles bases. Ici, rien de tel puisque faune et flore ont disparu et qu'à terme l'espèce humaine devra s'éteindre elle aussi.
Autre frein à mon enthousiasme, McCarthy n'y est pour rien mais j'ai lu l'édition "Points" et je n'ai pas trouvé moins de 31 coquilles d'impression !!!!!! Inadmissible ! Si vous désirez le lire, mettez quelques euros de plus et offrez-vous l'édition brochée ! Rien de plus désagréable...
Malgré ces réserves, je pense que ce roman est un livre "à lire". Chacun y trouvera ses pistes de réflexion personnelles. Mais il me laisse un arrière-goût de cendres (c'était peut-être aussi le but de l'auteur).
Rappelle-toi que les choses que tu te mets dans la tête y sont pour toujours, dit-il. Il faudra peut-être que t'y penses.
Quand tu n'as rien d'autre construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle.
Une adaptation cinéma est programmée pour la fin de l'année.
De nombreux billets sur la blogosphère :
Bernard qui parle d'"un texte impressionnant",
Leiloona qui s'en "souviendra longtemps",
Amanda qui parle d'un roman qui "émeut terriblement",
Cachou moins enthousiaste le décrit comme "une lecture agréable",
Le Bibliomane le voit comme "un cantique pour l'humanité moribonde",
Stephie pas plus emballée que ça et de nombreux autres avis chez
BOB.