dimanche 11 septembre 2011

Si la vie renfermait une chance, c'était celle d'être humain.


Le Délégué - Didier Desbrugères
Prix du 1er roman de Draveil 2010


Dans une République non nommée, Joseph Strauber (S.) est en route pour prendre ses fonctions de Délégué. Pénétré de l'importance de sa mission, il imagine tout le bien qu'il fera à la communauté, il veut être le bienfaiteur de ses administrés... En chemin, il rencontrera Britov "dans la vie comme en service commandé, caparaçonné par un mortel désenchantement" sorte de courtisan qui lui enlèvera quelques illusions. Son arrivée à Lurna, son district, le mettra face à une réalité qu'il ne soupçonnait pas.

Denis Desbrugères était notre invité aux soirées de Brunoy vendredi dernier. Lauréat du Prix du 1er roman de Draveil 2010, il a bien voulu se plier au jeu des questions. Débat animé une fois encore où il a été question principalement d'humanisme.



Outre les idées qu'il véhicule, la grande qualité de ce roman est l'écriture : soignée ; l'auteur a d'ailleurs avoué que son éditeur a dû interrompre ses multiples relectures et corrections. J'ai eu l'impression bien souvent de croiser "le" mot juste, on y découvre même un ou deux néologismes (cheniller...).

Ce Délégué est un homme ambitieux qui veut le bien de ses semblables. Malheureusement, trop intègre, trop naïf, il ne sait pas s'en donner les moyens.

Alors on se jette dans cette voie qui n'est pas la sienne, dictée par des influences multiples qui nous pressent de toutes parts et qu'on n'a pas encore la force de trier, de repousser. Jusqu'au jour où le regard se dessille, où on discerne les contours de sa propre nature, c'est-à-dire dégagée du filet des influences, où on peut briser la gangue. Alors on est libre. Le travail essentiel commence. Celui d'être en harmonie avec soi et l'univers, pour le temps qui nous reste à vivre.

Le débat a été animé, l'auteur semble déçu de "l'humain", il pense que, si nous avons su faire évoluer nos savoirs scientifiques, nous n'avons pas su faire évoluer notre humanité. Ce pauvre Délégué, pétri de bonnes intentions, s'embourbe dans sa friche et s'agite de façon totalement stérile...

La sacro-sainte sélection naturelle, mal comprise et brandie par des fanatiques au cerveau bancal. Et cet atavisme de primate se lit à tous les niveaux des sociétés humaines, depuis les tyrans et les démocrates carriéristes jusqu'aux obscurs quidams. Car il existe toujours plus démuni que soi à asservir et à exploiter, plus faible sur qui exercer sa force, pour le profit et le jouissance confondus. Dès lors nul doute que si un progrès décisif devait survenir chez l'être humain, une réelle et déterminante évolution, ce ne serait ni l'élucidation des mystères de la matière ni la colonisation d'autres galaxies, mais une réforme de sa propre nature vers une compassion innée.

En bref, un roman bien écrit, qui pousse le lecteur à la réflexion. Il semblerait qu'un second roman soit dans les cartons, je guetterai sa parution...

Le mois prochain, nous accueillerons Harold Cobert pour "l'entrevue de Saint-Cloud"
Si vous êtes intéressés : http://lemenhirbrunoy.canalblog.com/




vendredi 19 août 2011

Les vacances sont finies...



Le retour est difficile, dès que je sors la tête de l'eau je vous parle de mes lectures...

dimanche 17 juillet 2011

Il n'y a pas de courage à tuer...


Une vie ordinaire - Maxime Brunerie/Christian Rol

Lors d'une soirée privée, j'ai rencontré Maxime Brunerie. Ignorant qui il était (on ne m'avait dit que son prénom), j'ai échangé quelques mots avec ce convive sympa, un tantinet "provoc", amusant et intéressant... Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que ce jeune homme était l'homme qui a voulu tuer Jacques Chirac !

Intriguée, troublée... J'ai voulu lire le livre dans lequel il raconte son parcours personnel, sa vie de nazillon, l'épreuve de la prison puis l'espoir d'une vie meilleure.

... roman vrai qui est aussi le roman noir d'un néofasciste, d'un petit Français lambda, enfant de la classe moyenne, biberonné à la télé et à la morale, qui décide un jour de casser les codes de sa destinée pour changer le monde.

Habituellement je fuis comme la peste ce genre de livre, racoleur à souhait mais là, j'avais besoin de comprendre. L'homme avec qui j'avais échangé quelques mots ne pouvait être le déséquilibré qui avait voulu tirer sur le Président !

Bien m'en a pris... J'ai suivi le parcours de cet ado mal dans sa peau, qui a trouvé dans l'idéologie extrémiste une "famille", un groupe où il pouvait exprimer toute la violence qui couvait en lui. On suit Maxime jusqu'à sa sortie de prison et là, j'y ai retrouvé le jeune homme équilibré que j'ai rencontré.

Je ne fanfaronne ni ne me révolte. Je coopère, ni plus ni moins, avec, toujours au fond de moi, cette forme d'ironie et de respect que je nourris pour les solennités d'une société abhorrée.

On y lit aussi le quotidien de nos prisons et, ce n'est pas beau à voir ! les cachetons et les brimades ne font qu'aggraver le mal-être des prisonniers qui, à ce rythme là, n'arriveront jamais à retrouver une vie normale à leur sortie !

Malgré des bouquins à grand spectacle qui "tirent la sonnette d'alarme", malgré tous les rapports d'Amnesty International et autres fumisteries humanitaires qui voudraient te faire croire que si tous les hommes de bonne volonté se donnent la main, demain on aura des prisons "humaines". Mon cul ! C'est précisément parce que l'"humain" est partout que c'est invivable.

J'ai voulu visionner l'émission d'Ardisson où Maxime intervenait Salut les terriens , et j'ai été déçue, j'ai eu l'impression (puis la confirmation de vive voix) que certains passages avaient été coupés et que le télespectateur n'a pas pu vraiment "comprendre" l'acte de ce jeune homme paumé. Sans parler des réactions des invités qui, manifestement, n'ont pas lu le livre ou bien encore ont voulu se faire de la pub en ayant une réaction "bien pensante" qui conviendra au plus grand nombre. Claude Cabanes, déporable et Laurent Baffie, à la mine sévère, qui donne l'impression d'être un parangon de vertu.

Oui, j'ai eu peur ! me suis dit que dans la rue des mômes paumés pouvaient partir à la dérive comme l'a fait Maxime ; oui, je condamne avec la plus grande fermeté son acte ! mais, pour peu qu'on veuille bien se donner la peine de l'écouter parler cinq minutes, on comprend qu'il a fait le cheminement qui l'a conduit à son statut d'adulte responsable, qu'il  a "payé" sa dette et qu'à présent, il mérite de vivre pleinement.

L'optimiste que je suis est satisfaite de voir que ce jeune ado paumé est devenu un homme réfléchi qui a devant lui la vie qu'il se construira et qui peut être une vie riche...

7 ans de taule pour une déprime qui tourne mal.

dimanche 3 juillet 2011

Lus et appréciés (ou non) en Juin



Mon rythme de lecture s'est considérablement ralenti... Je viens quand même vous parler de trois petits livres lus le mois dernier et que je n'ai pas chroniqués...

Mort en coulisse de Ngaio Marsh
Un policier "à la manière de" Agatha Christie, un bon crû !
Un acteur détesté par tous se fait assassiner... On recherche du côté de la femme, de l'ami, de la nièce... et bien entendu, une petite romance par là-dessus. Une détente agréable

Le Prochain truc sur ma liste de Jill Smolinski
Je suis listomane (comme tout LCA) et ce livre me faisait de l'oeil depuis un moment. Je l'imaginais "chick litt" et j'ai été surprise d'y trouver moins de légèreté que ce à quoi je m'attendais.
L'histoire d'une trentenaire qui, impliquée dans un accident mortel, décide d'accomplir les "20 choses" que la victime avait listées : de "manger une glace en public" à "changer la vie de quelqu'un", elle s'attachera à accomplir chacun des souhaits et verra sa vie transformée.
A lire.

Adieux et retrouvailles de Robin Hobb
13e et dernier tome de "l'assassin royal", j'ai mis très longtemps à me décider à le lire, je voulais retarder le moment de fermer la dernière page des aventures de Fitz Chevalerie. Un dernier tome émouvant qui clôt intelligemment cette série. On a l'impression que tout rentre dans l'ordre et que ce pauvre Fitz va enfin pouvoir se reposer.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette formidable série, je ne peux que vous encourager chaudement à la lire !

vendredi 1 juillet 2011

L'enfer est pavé de bonnes intentions...


Oui, je suis une ado retardée...
Oui, je suis fan de Charmed, d'Angel, de Buffy... et autres séries américaines à grand public peuplées de vampires, de sorcières, de tueuses (ben oui, elles sont plusieurs...) et autres créatures fantasmagoriques qui font rêver les quarantenaires attardées (j'assume !!!!) et je ne suis pas la seule : Fashion est une Buffy-maniac assumée elle aussi !
et, j'avoue sans pudeur faire partie du club des fans d'héroïc fantasy ! avec tout plein de bons sentiments, mais aussi pour les "intellos" : ce sont des parcours initiatiques ! ne lisez pas les livres isssus de la série, ils sont déplorables, je n'ose même pas les offrir à ma petiote de 12 ans qui les trouverait trop mièvres... Mais la série télévisuelle, elle, est réellement une série de qualité !
les méchants sont punis, le collège est radié de la surface de la Terre et laisse place à l'Université, guère plus sûre, mais qui permet à l'Héroïne de montrer qu'elle est une vraie Femmme !!!! (le "m" supplémentaire est amplement mérité)?

Bref, si vous ne connaissez pas la série, laissez-vous porter par quelques épisodes et vous verrez : la mayonnaise prendra et vous deviendrez, vous aussi, fan à vie !

- Oui, l’enfer est pavé de bonnes intentions

- ...
- non, je ne sais pas. Ouvrir son coeur à l’ amour ça se paye très cher, peut-être que ça serait aussi bien de ne laisser entrer personne...
- J’étais un peu de ton avis, je ne me suis fait aucune connaissance...
- Pourquoi ça ?
- La peur. Je ne pouvais faire confiance à personne ; ça m’a pris du temps et beaucoup d’efforts mais j’ai un cercle de très bons amis à présent. Enfin, ça n’est pas évident, je suis encore sur mes gardes... Ma chérie, je serai toujours là pour toi... Crois-moi, tu n’as pas à avoir peur.

Vos professeurs de français, vous ont parlé de "roman initiatique", il existe aussi des "séries initiatiques" et celles-ci en est une "vraie" de qualité !
pour moi, un  coup de coeur depuis des années !!!!

mardi 28 juin 2011



Parce que Sophie m'a dit que je devrais profiter de mon blog pour parler d'autres choses que de lecture...
Parce que Ma Doriane adore les Stimorol au "vieux goût de pétrole"
et parce que j'aime beaucoup cette chanson...

samedi 25 juin 2011

La petite paroisse


La petite paroisse - Alphonse Daudet

Pour la petite histoire...
J'aime lire, je suis gourmande, ça : vous saviez mais... je suis aussi amatrice de whisky ! si ! si ! si !
Or, je viens de découvrir que mon voisin (que je cotoie depuis bientôt 12 ans) a crée un "Club de dégustation de Whisky" ; chaque mois, il organise une soirée "dégustation" ; chaque mois, il tente de dégotter un lieu atypique dans notre région.


C'est ainsi que j'ai pu déguster de savoureux trésors dans les anciennes serres d'Alphonse Daudet. J'ignorais que l'auteur avait vécu à Draveil, dans le quartier Champrosay pour être plus précise. Notre hôte s'est fait un plaisir de nous raconter l'Histoire des lieux sur lesquels veille une petite chapelle, appelée familièrement "la chapelle du bon cocu"


Pour certains, c'est "la petite chapelle blanche du bord de la route", la "chapelle du pardon": la chapelle des gens humbles et généreux.

Pour d'autres, c'est "la chapelle du bon cocu": celle contruite par Napoléon Quantinet en mémoire de sa femme, Hélène, qui l'avait quitté pour un autre homme, mais qui lui est revenue. (Blog de la maison de Daudet)

Daudet qui a habité tout près de cette chapelle, a construit le décor de son dernier roman autour de cette histoire. Un homme bafoué, rongé de jalousie, qui pardonne à son épouse volage. Un roman au charme désuet, cette petite chapelle et la route poussiéreuse de Corbeil qui la borde ont une place prépondérante dans cette histoire dont l'héroïne a un petit air de "Madame Bovary" au début du roman.

Paru en 1895 sous forme de feuilleton, d'aucuns y trouveront peut-être quelques longueurs ; moi j'ai adoré ces descriptions détaillées qui m'ont donné l'impression de flâner au bord de la Seine ou bien encore dans la forêt de Sénart. Une jolie langue :

Il est vrai de Jean Metzer, ancien professeur à la faculté de Lausanne, qu'il avait quittée à cause d'une maladie du larynx, était un médiocre connaisseur d'humanité, ayant feuilleté moins d'êtres que de livres.

Quand vous saurez que j'y ai croisé le verbe "potiner" au détour d'une phrase, vous comprendrez que j'ai été conquise.